Appel à communication - Boris Vian entre ingénieur et prophète : l'homme du paradoxe

 

Ce colloque se tiendra du 22 au 24 octobre 2020 autour de l’homme et de son œuvre à L’Abbaye de Royaumont et réunira de nombreux vianistes dont Guy Laforêt, l'un des premiers chercheurs sur l’œuvre de Boris Vian, de Guy Lavorel, ancien président de l'Université Lyon 3 et d'Allison Durand, docteure et professeure de lettres. 

APPEL À COMMUNICATIONS

 

Boris Vian : Entre ingénieur et prophète : l’homme du paradoxe

22-23-24 octobre 2020

 

            À l’occasion du centenaire de la naissance de Boris Vian, la Cohérie Vian dirigée par la directrice du patrimoine Madame Nicole Bertolt, en partenariat avec les Centraliens et l’Abbaye de Royaumont, organisent les 22-23-24 octobre 2020 un colloque sur Boris Vian intitulé « Boris Vian : Entre ingénieur et prophète : l’homme du paradoxe. »

 

Le Trésor de la Langue Française informatisé définit ainsi le paradoxe :

« Affirmation surprenante en son fond et/ou en sa forme, qui contredit les idées reçues, l'opinion courante, les préjugés. »

D’autre part le terme est très employé en sciences (Paradoxes de Russell, de Fergusson, de Magnan). Il peut désigner aussi un jeu de mots et peut même s’appliquer à un être, on parle de paradoxe vivant. Raymond Queneau, mentor et ami de Vian, dit ainsi :

« Pour revenir à moi-même, dit Des Cigales, je suis un paradoxe vivant. −Commentez-nous ce propos, dit Offroir. −Eh bien! Contrairement au proverbe qui veut que le prophète ne le soit pas en son pays ici je fais autorité. On m'admire. » (Queneau,Loin de Rueil, 1944).

Ces définitions ne caractérisent-elles pas aujourd’hui, à bien des points de vue, l’œuvre de Boris Vian, tout autant que l’homme lui-même ? Cet ingénieur qui adhère à la ‘pataphysique, ce diplômé des normes qui mise dans l’é-norme, qui se recommande d’AlfredKorzybski, autre ingénieur auteur de Science and Sanityet d’une Sémantique générale, n’a-t-il pas voulu ébranler ce qui est établi, et se produire comme le prophète de l’avenir, lui qui aimait tant parler de science-fiction, expression qui en elle-même représente déjà un paradoxe ? Son œuvre, cent ans après la naissance de l’auteur, ne fourmille-t-elle pas de textes d’une actualité surprenante ?

Ce colloque a pour but de situer Boris Vian dans une nouvelle ère qu’il avait pressentie et que Raymond Queneau avait annoncée, quitte à provoquer bien des personnes de son époque. Les intervenants chercheront donc à montrer que dans toutes les œuvres de Vian, on retrouve ce goût de la provocation, pour dénoncer les systèmes et ce à quoi ils conduisent, pour proclamer les vertiges de l’amour ou de l’amitié, pour lancer en contrepoint une musique de jazz, une chanson ou un grand éclat de rire, tout autant qu’une actualité pleine de violences. Il bouscule ainsi son époque pour un avenir nouveau, dans un monde qui ne l’entend pas.

Plusieurs thèmes peuvent être abordés au regard d’une lecture actuelle; par conséquent ils devront mettre en valeur l’œuvre littéraire en découvrant essentiellement des œuvres jusque-là peu ou moins étudiées, sa musique et les spectacles qui l’accompagnent, ses critiques et aussi la réception qui a été apportée à cet ensemble de plus de 10 000 pages. On retient plus particulièrement :

  • Norme et énorme : les écrits d’un ingénieur et ceux d’un extravagant et ex-centrique qui se fait classer dans les écrivains de l’absurde.
  • L’homme qui dénonce la violence.
  • Le visionnaire du quotidien : chroniques, sketches et spectacles.
  • L’homme-ingénieur des mots : un vocabulaire fabuleux, entre science, néologismes, argot et poésie.
  • L’é-norme, le rire et la poésie : grotesque ou burlesque, fantaisie, jeu, poésie.
  • L’homme à la trompinette : jazz, chanson, musique.
  • La réception de son œuvre : de l’interdit à l’interprétation et réhabilitation.

Les propositions avec résumés (maximum 250 mots) sont à adresser avant le 1eroctobre 2019 à Borisvian75018@gmail.com, pour être soumises au comité scientifique. L’acceptation devrait parvenir aux intéressés début 2020.

 

Le comité scientifique.

 

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