Tentative de biographie

1920 - 1939

1920
10 mars -
Boris Paul Vian naît à Ville d'Avray (Seine et Oise, aujourd'hui Hauts de Seine), deuxième fils d'Yvonne Ravenez et Paul Vian Le couple très uni, malgré une différence d'âge de 8 ans, a déjà donné naissance à Lélio en 1918. Alain puis Ninon verront le jour en 1921 et 1924. Paul a hérité de la fortune de son père Henri, bronzier d'art et longtemps installé à l'Hôtel Salé à Paris, aujourd’hui le musée Picasso. La famille Ravenez est également fort aisée, ainsi le jeune couple n’a pas à se préoccuper du quotidien, passant la majeure partie de leur temps à s’enrichir culturellement et humainement.

1920 - 1938
La famille Vian passe toutes les vacances d’été dans leur maison de Landemer, dans le Cotentin (Manche). La demeure est détruite pendant la Seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques ruines. Ce lieu a beaucoup compté pour les enfants et l’univers imaginaire du jeune Boris et sa disparition a laissé des traces indélébiles qu’il a tenté de faire revivre dans certains de ses écrits.

1926 - 1931
Boris Vian effectue ses petites classes au lycée de Sèvres (Hauts-de-Seine). Élève doué, il écrit et lit dès l’âge de cinq ans sous l’œil d’un précepteur. Il est plutôt sage, intuitif et rêveur.

1929
Le père, Paul Vian, qui avait placé ses économies en bourse, est ruiné à la suite du krach boursier et afin de faire vivre sa famille, il décide avec son épouse de mettre en location leur grande maison et de s’installer dans une plus petite maison sur le domaine où vivait auparavant le couple de gardiens. Paul va procéder à des aménagements importants afin d'agrandir la maison pour y accueillir toute la famille.

1931
C’est la famille Menuhin, composée du père, de la mère et des trois enfants dont déjà le très célèbre enfant prodige et violoniste Jehudi Menuhin qui se présente. Rapidement les deux familles vont se lier d’une amitié indéfectible et les enfants établir des connivences entre jeux et musique.
Première communion de Boris Vian dont la famille, anticléricale, semble paradoxalement attachée à certaines traditions.
Boris Vian entre au Lycée Hoche à Versailles. Sa scolarité ne présente aucun problème.

1932 - 1936
Le jeune Boris montre des signes graves d’un début de rhumatisme cardiaque. Il se remet pourtant et poursuit sa scolarité toujours au Lycée Hoche, excellant dans ses études qui pourtant ne le passionnent guère.

1935
Victime de la fièvre typhoïde, le jeune homme passe néanmoins avec succès son baccalauréat classique (allemand, latin, grec) mais avec dispense. Un autre Boris Vian apparaît sans doute à cette époque entre un père fatigué et déçu de la vie puisqu’il va devoir se mettre à travailler, une maman très inquiète de la santé de son fils et l’adolescence et ses émotions qui, parallèlement pointent leur nez. C’est certainement cette année-là que Boris Vian se procure sa première trompette d’occasion, peut-être que son père la lui trouve sur une brocante.

1936 - 1937
Admis au lycée Condorcet à Paris, il obtient son baccalauréat de philosophie, avec option mathématiques. Et les trois frères suivis de quelques amis fondent leur premier orchestre de jazz. Ils donnent des petits concerts dans le parc de leur maison à Ville d’Avray.

1936 - 1939
Succession de surprises-parties chez les Vian à Ville d'Avray. Plusieurs centaines de jeunes, filles et garçons, se retrouvent très souvent dans la salle de bal construite au fond du jardin pour danser, rire et se rencontrer.
Boris s'intéresse activement au jazz et adhère au Hot-Club de France dont le Président d'honneur est Louis Armstrong.  Les parents accompagnent autant que possible leurs enfants dans leurs jeux et divertissements.

1938 - 1939
Admis sans peine en classe de « Mathématiques spéciales » à Condorcet, il n’est guère intéressé par ses études et montre un esprit très fantaisiste qui n’est pas toujours du goût de ses professeurs.

1939
Concert de Duke Ellington au Palais de Chaillot, moment mémorable pour le jeune trompettiste et le début d’une aventure qui l’accompagnera toute sa vie, L’Ecume des Jours, en étant le témoignage le plus important.
L’aîné des frères Vian est mobilisé en septembre 1939.
Boris Vian effectue sa rentrée à l'École Centrale des arts et manufactures, dont l’enseignement pluridisciplinaire ne pouvait que lui convenir. L’entrée en guerre va obliger l’’école a se replier à Angoulême.
Boris Vian n’est pas mobilisé, en raison de ses troubles cardiaques qui s’accentuent mais dont il ne tient pas compte davantage préoccupé par sa relation avec la jeune Monette, ses rations alimentaires et l’entretien d’une camaraderie très importante pour lui que par ses études.

1940 - 1949

1940
Parti l’été d’Angoulême à bicyclette, Boris Vian retrouve ses parents à Capbreton (Landes). Lors de surprises-parties, les frères Vian rencontrent Michelle Léglise et Jacques Loustalot, surnommé plus tard « Le Major » et personnage très présent dans l’œuvre de Boris Vian. A partir de ce moment, Boris, Michelle et le Major vont devenir inséparables.
La reprise des cours s’effectue à Paris pour une seconde année à Centrale, section métallurgie.

1941
Un an après leur rencontre, Michelle et Boris se marient à la mairie, puis à l'église Saint-Vincent-de-Paul du Xème arrondissement à Paris.
Boris Vian commence la rédaction d’un recueil de poésie Cent sonnets et malgré la guerre, la maison de Ville d’Avray redevient un espace d’activités ludiques et musicales.

1942
Michelle donne naissance à un premier enfant nommé Patrick. En charge d’une famille maintenant, Boris Vian se doit de gagner rapidement sa vie et, obtenant son diplôme d'ingénieur, il entre, sans réel enthousiasme, à l'Association française de normalisation (Afnor). Il y restera jusqu'en février 1946.
Heureusement, pour compenser, Boris intègre l’orchestre de jazz amateur de son camarade polytechnicien Claude Abadie, avec lequel il participera à de nombreux tournois et concerts. Il y rencontrera un autre ingénieur, Claude Léon, batteur de l’orchestre, qui restera un complice toute sa vie.
Boris Vian, Le Major et Michelle poursuivent leurs aventures de jeunesse autant que possible entre séances de cinéma, joutes oratoires et jeux divers.
A l’occasion de l’hospitalisation de sa femme Michelle, Boris lui compose Conte de fées à l'usage des moyennes personnes, dont leur ami Alfred Jabès dit Bimbo, signe les illustrations.

1942 - 1943
Écriture, avec Michelle, de plusieurs scénarios de film et saynètes de théâtre ainsi que de Trouble dans les Andains, un premier roman qui ne sera publié pas publié de son vivant.

1944
Michelle et Boris, à Ville d'Avray lors de la Libération de Paris, accueillent les premiers G.I., et n’auront de cesse de fréquenter les bals organisés pour les soldats américains.
Boris achève son deuxième roman, Vercoquin et le plancton, qu’il fait lire à son entourage et notamment à son voisin Jean Rostand, qui le transmet à Raymond Queneau.
Un drame survient, Paul Vian est assassiné par des cambrioleurs qui se sont introduits dans la maison de Ville d'Avray. Son épouse, sa belle-sœur et la jeune sœur de Boris assistent au drame. Celui-ci entraînera l'abandon de ce lieu magique pour les quatre enfants Vian, qui perdent un père aussi érudit qu’excentrique. La maison sera mise en vente, meubles et souvenirs compris.

1945
Boris Vian exulte, son roman Vercoquin et le plancton est accepté par les éditions Gallimard. Publication de ses premières chroniques dans Les Amis des Arts, et il se lance dans l’écriture de nouvelles.
Pléthore de victoires pour l'orchestre Abadie-Vian au cours du premier tournoi international amateur de Bruxelles.

1946
Abandonnant l’Afnor, Boris Vian prend ses nouvelles fonctions à l'Office du papier et carton, où il retrouve son ami Claude Léon. Il y terminera l’écriture de L’Écume des jours et y rédigera entièrement L’Automne à Pékin.
Grand Prix pour l'orchestre Abadie-Vian au 9e Tournoi des amateurs, Salle Pleyel à Paris. Boris Vian signe sa première publication dans la revue Jazz Hot.
Il fait la connaissance de Simone de Beauvoir puis de Jean-Paul Sartre, qui l’invitent à rejoindre l’équipe des Temps Modernes. Alors qu’il publie ses premiers textes dans la revue, son manuscrit de L’Écume des jours échoue au prix de la Pléiade décerné par les éditions Gallimard.
Peut-être par réaction, Boris collabore au journal d’obédience anarchiste La Rue.
Lors de vacances à Saint-Jean-de-Monts en Vendée, il écrit un roman noir sous le pseudonyme Vernon Sullivan ; il s’agit de J'irai cracher sur vos tombes qui sort aux éditions du Scorpion.

1947
Sortie en librairie de Vercoquin et le plancton tandis qu’une plainte est déposée contre le premier roman signé Vernon Sullivan. Boris Vian prépare le faux "original" américain I Shall Spit on Your Graves.
Sortie de L'Écume des jours en librairie, dans une relative indifférence tandis que Vian termine sa première pièce de théâtre, L’Équarrissage pour tous.
Trompette au Tabou, Boris anime, avec ses frères, la nouvelle cave de jazz de la rue Dauphine. Jusqu’en 1950, Boris Vian sera l’un des acteurs les plus fervents du quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Il quitte son emploi à l'Office du papier et abandonne définitivement sa carrière d'ingénieur, se définissant dorénavant comme « homme de lettres ».
Publication de L'Automne à Pékin suivi de Les morts ont tous la même peau, ce dernier toujours signé Vernon Sullivan.
Début d'une revue de presse régulière dans Jazz Hot.

1948
Michelle et Boris perdent leur ami cher, le Major qui est tombé par la fenêtre pendant une surprise-partie.
Premier recueil de poèmes publié, Barnum's Digest, avec des illustrations signées Jean Boullet, puis publication de deux traductions, par Boris et Michelle Vian, de romans de Raymond Chandler dans la "Série Noire" de Gallimard.
Le couple accueille leur petite fille née en avril, Carole.
Première de l'adaptation scénique de J'irai cracher sur vos tombes au Théâtre Verlaine à Paris.
Boris Vian diversifie encore ses activités en donnant des conférences publiques : « Approche discrète de l’objet », « Utilité d’une littérature érotique », ainsi que « 50 ans de jazz », qu’il présentera à plusieurs reprises à Paris et en province. Le troisième roman signé Vernon Sullivan Et on tuera tous les affreux parait aux éditions du Scorpion.
Vian réalise l’un de ses rêves en accueillant Duke Ellington à Paris. Il fréquente le nouveau lieu à la mode : le Club Saint-Germain, et noue des liens solides avec entre autres Miles Davis, Charlie Parker, Don Byas ou Dizzy Gillespie parmi tous les musiciens noirs américains venus se faire connaître dans les nombreux temples parisiens dédiés au jazz .
Vian s’attaque à un nouveau roman intitulé au départ Le Ciel crevé puis L'Herbe rouge. Deuxième plainte judiciaire – après amnistie – contre J'irai cracher sur vos tombes.
Début de la publication dans Jazz Hot de la traduction de Young Man with a Horn de Dorothy Baker, roman inspiré de la vie de Bix Beiderbecke, qui sera publié sous le titre Le Jeune Homme à la trompette.

1949
Boris Vian plaide pour Jean Cocteau au cours de l'émission radiophonique "Procès des pontifes".
Publication de Cantilènes en gelée, recueil de poèmes illustré par Christiane Alanore.
Vian a la satisfaction de voir tout de même sortir son recueil de nouvelles, Les Fourmis, aux éditions du Scorpion car Gallimard n’en veut pas.
J'irai cracher sur vos tombes est interdit par arrêté ministériel.
La période de Saint-Germain-des-Prés s’achève, et Boris Vian entre dans une période de crise conjugale et financière. Il se replie à Saint-Tropez pour une longue période.

1950 - 1959

1950
Première de L'Équarrissage pour tous au théâtre des Noctambules à Paris, deuxième essai d’écriture théâtrale de Boris Vian.
Procès de J'irai cracher sur vos tombes et Les morts ont tous la même peau : condamnation pour outrage aux mœurs par la voie du livre.
Boris Vian termine la composition du Manuel de Saint-Germain-des-Prés, guide commandé par les éditions Toutain d’un quartier qui n’est déjà plus.  Boris Vian rencontre Ursula Kübler au cours d'un cocktail chez Gallimard. Ursula est une jeune danseuse suisse dans les Ballets de Roland Petit. Son père, Arnold Kübler, est écrivain, dessinateur et journaliste. Zürichoise, elle ignore tout du nom et des déboires de l’écrivain.
Publications de L'Équarrissage pour tous, L'Herbe rouge et Elles se rendent pas compte, quatrième et dernier ouvrage signé Vernon Sullivan. La diffusion de ces ouvrages est quasi nulle.

1951
A cause de sa maladie de cœur toujours présente, Boris Vian cesse définitivement de jouer de la trompette, peu à peu délaissée.
Il termine la rédaction de L'Arrache-cœur qui sera son dernier roman. Refusé également par Gallimard, il s’intitulait à l’origine Les fillettes de la reine.
Boris Vian et Ursula Kübler décident de s'installer ensemble dans un minuscule studio au 8, boulevard de Clichy à Paris.
Création du Club des Savanturiers, qui réunit des fanatiques de science-fiction dont Raymond Queneau, Pierre Kast, France Roche... dans le but de promouvoir le genre en France. Boris Vian publiera les traductions d’auteurs s.-f. comme Van Vogt ou Bradbury, à côté de traductions plus alimentaires.

1952
Début d’une longue collaboration à la revue Constellation qui lui permet également de gagner quelque argent. Il cherche de nouvelles collaborations et se rapproche du monde de la scène : création de Cinémassacre à la Rose Rouge, sur une mise en scène d’Yves Robert. Le spectacle rencontre un grand succès et sera repris en 1954 aux Trois Baudets. Sous l’influence d’Ursula, Boris Vian s’essaie encore à un nouveau genre : la comédie musicale.
Grand moment dans la vie du jeune auteur : il  est nommé "Équarrisseur de 1ère classe" par le Collège de Pataphysique.
Divorce de Michelle et Boris Vian, aux torts de ce dernier. La garde des enfants revient à Michelle ; les grands-parents Léglise sont très présents pour Patrick et Carole. Boris aime ses enfants mais les voit peu.

1953
Mise en librairie  de L'Arrache-cœur, qui passe totalement inaperçu. Boris Vian en est affecté même s'il ne le montre que peu, et travaille dans de nouvelles directions.  
Il est élevé au rang de Satrape et Promoteur Insigne de l’Ordre de la Grande Gidouille du Collège de "Pataphysique, ce qui lui donne un nouveau souffle et une sorte de nouvelle famille.
Le Chevalier de neige, spectacle musical adapté des romans de la Table Ronde, est représenté avec grand succès au Festival de Normandie à Caen. La partie composition musicale est assurée par le jeune Georges Delerue qui restera toujours très proche de Vian.
Bonne nouvelle en l’annonce de l’amnistie annulant le verdict touchant les œuvres de Vernon Sullivan. Parallèlement, un projet d’adaptation cinématographique de J'irai cracher sur vos tombes s’annonce, ce qui n’est pas pour déplaire à Vian qui souhaite même y travailler activement tant pour l’adaptation que peut-être pour la production. Boris et Ursula emménagent dans un « vrai » appartement, Cité Véron à Montmartre. Jacques et Janine Prévert loueront l’appartement voisin quelques mois plus tard. Ils se connaissent déjà et cette perspective enchante le couple. Une entente profonde et respectueuse liera les deux hommes jusqu'en 1959 puis plus tard Jacques Prévert prendra sous sa protection la jeune Ursula l’aidant à assumer ce veuvage tragique.

1954
Il écrit de nombreuses petites pièces de théâtre et poursuit l’écriture de scénarios.
Le mariage avec Ursula Kübler a lieu à la mairie du XVIIIe à Paris. Plusieurs dizaines de convives sont ensuite réunis sur la terrasse de la Cité Véron.
Si le début de l’année marque l’écriture de la célèbre chanson Le Déserteur, dont la musique est signée par Boris Vian et Harold B. Berg, il s’ensuit l’écriture de plus d’une centaine de textes. Un nouveau monde s’ouvre à Boris Vian, celui des variétés.
Boris Vian abandonne son Traité de civisme qu’il avait amorcé en 1951, le laissant inachevé.

1955
Poursuite d'une très importante production de chansons.
Premier tour de chant aux Trois Baudets. Cette nouvelle aventure sera pour lui une réelle épreuve, mais il la poursuivra plus d’une année avec son pianiste, compositeur et ami Alain Goraguer.
Boris Vian grave dans la cire 16 titres restés encore aujourd’hui célèbres en enregistrant deux 45 tours publiés sous les titres : Chansons possibles et Chansons impossibles.
Début d'une tournée en province émaillée d’incidents à cause du Déserteur, et reprise de son tour de chant parisien en septembre. Boris Vian enregistre le célèbre rock Fais-moi mal Johnny avec Magali Noël qu’il apprécie beaucoup.

1956
Boris Vian accepte un emploi partiel mais régulier chez Philips, pour la création d’un catalogue de jazz.
Il publie une version remaniée de L'Automne à Pékin par les éditions de Minuit qui souhaitent relancer la carrière littéraire de Boris Vian mais ce sera à nouveau un échec.
Epuisé, il interrompt définitivement son tour de chant, mais continue toujours la composition et la traduction-adaptation de chansons.
Une grave crise d’œdème pulmonaire le laisse affaibli, il n’en poursuit pas moins ses multiples activités tandis qu’Ursula Kübler poursuit de son côté ses tournées avec les Ballets Hô.

1957
Boris Vian monte en grade chez Philips et devient employé à plein temps en tant que directeur artistique adjoint pour le jazz et les variétés.
La première à Nancy de la version lyrique du Chevalier de neige, dont la musique est retravaillée par son ami Georges Delerue rencontre un beau succès critique et public, ce qui donne du baume au cœur à Boris Vian.
Il écrit cet été-là sa dernière pièce de théâtre, Les Bâtisseurs d'empire.
A l’occasion d’une nouvelle crise d'œdème de Boris Vian, Ursula Kübler interrompt sa carrière et reste auprès de lui. L’un et l’autre savent que le temps est compté.
Tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, Boris Vian et Henri Salvador passent de nombreuses séances à créer des chansons et s’amusent beaucoup ensemble. De cette collaboration naîtra, entre autres, Le blouse du dentiste.

1958
Boris Vian accepte la direction artistique de Fontana, filiale chez Philips.
Création et présentation à Berlin de Fiesta, opéra de Darius Milhaud dont le livret est signé Boris Vian, qui s’intéresse de plus en plus à la musique dite classique.
Publication d'En avant la zizique, par ici les gros sous, un essai corrosif sur le monde de la chanson et il sait de quoi il parle !
Boris Vian reprend un exercice qu’il apprécie, à savoir donner une conférence aux Beaux-Arts de Paris sur le thème "Architecture et science-fiction".
Il termine un de ses plus importants textes destinés au Collège : Lettre à sa Magnificence le baron Jean Mollet, Vice-Curateur du Collège de "Pataphysique sur les Truqueurs de la Guerre.
Malgré un grand investissement de Boris Vian dans le projet d’adaptation cinématographique de son roman J'irai cracher sur vos tombes, les rapports sont très tendus avec la dernière production et le réalisateur Michel Gast.

1959
La publication des Bâtisseurs d'empire par le Collège de Pataphysique procure une réelle satisfaction à Boris Vian tandis qu’il reprend sa collaboration à la revue Constellation.
Eddie Barclay, ami de longue date, propose à Boris Vian un poste de directeur artistique au sein de sa maison de disques. Epuisé, Boris Vian ne semble pas vouloir donner suite.
Émission radiophonique avec Henri Salvador sur le Collège de Pataphysique où l’on apprend de source sûre comment déguster des huîtres.
Acclamation solennelle de Sa Magnificence le Baron Mollet sur la Terrasse des Trois Satrapes, Cité Véron. Les trois Satrapes sont Jacques Prévert, son chien Ergé et Boris Vian. La terrasse ést celle qui surplombe le Moulin rouge et où logent les deux familles d’artistes.
Dans la matinée de ce 23 juin, Boris Vian, contrarié, assiste à la projection privée du film de Michel Gast, J'irai cracher sur vos tombes, réalisé en grande partie contre son gré ; après dix minutes de projection, il tombe en syncope dans son fauteuil victime d’un œdème et d’une crise cardiaque. Ursula appelée en urgence l’accompagne à l’hôpital Laënnec où la mort est déclarée à 11h50.
L'enterrement eut lieu à Ville d'Avray et, ultime coup du sort, les employés du service funéraire se sont déclarés en grève après plusieurs heures d’attente, obligeant ses amis à mettre leur ami eux-mêmes en terre.


Telles sont les vies parallèles de Boris Vian alias Bison Ravi, alias Vernon Sullivan, alias, Baron Visi, alias Vernon Sinclair...